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Suite à notre fructueuse collaboration sur Partition( s) - qui est une façon de lecture performée ludique que nous faisons sur scène de la corre-spondance réelle que nous avons eue dans le cadre d’un travail de recherche à la Manufacture, où nous avons réfléchi ensemble à la notion de « partition » - Victor Lenoble et moi avons décidé de poursuivre nos échanges, en imaginant une pièce entièrement bâtie sur un dialogue entre deux artistes - Victor et moi - qui discutent de la pièce qui se joue devant les spectateur·trice·s.
L’idée serait de ne présenter sur scène que deux haut-parleurs d’écoute, face au public.
Notre dialogue se déroulerait ainsi « de haut-parleur à haut-parleur », comme une pièce ra-diophonique.
Échangeant sur l’intérêt de proposer ce procédé au public, et discutant de la pertinence ou non d’inclure des « effets » plus ou moins spectacu-laires afin de divertir ou maintenir l’attention des spectateur·trice·s, des « événements » scéniques pourraient survenir au fil de la représentation : de la musique, de la fumée, de la pyrotechnie, etc.
Georges Perec considérait que les contraintes formelles sont un puissant stimulant pour l’imag-ination. Comme lui, qui avec La disparition, écrivit un roman ne comportant pas une seule fois la lettre e (lettre la plus usitée dans la langue française), nous voulons faire une pièce de théâtre « lipocrite » (du grec leipô [lipo-], « faire défaut, abandonner » et du grec hupokritếs, « acteur, comédien »), une pièce sans la présence de son·sa protagoniste majeur·e : le·la comédien·ne.
La disparition de l’humain·e sur le plateau n’est évidemment pas une fin en soit, mais bien plutôt une façon pour nous de questionner son manque par l’absurde.
Le spectacle, plus qu’une réflexion métathéâ-trale, entend revenir à cette question fondamen-tale : pourquoi, comment et autour de quoi au-jourd’hui encore toutes et tous nous rassembler, dans ces lieux et temps uniques (et précieux), à savoir « ici » et « maintenant ».
Le procédé, que nous entendons visiter de façon ludique, entend aussi questionner en creux di-verses problématiques telles que le divertisse-ment automatisé servi par les multinationales de l’entertainment, la diminution drastique du nom-bre d’interprètes dans les distributions théâtrales ou encore l’hypothétique extinction de l’espèce humaine.
François Gremaud