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Elle est notre mer, au milieu des terres, où nous allions depuis les collines du nord sentir l’iode et le sel, le charbon, les sardines, le feu, nous baigner en famille puis plonger au loin, un jour découvrir un bateau et naviguer un peu. Nos anciens qui ne l’avaient jamais vu la découvraient de la plage. Ils n’y trempaient pas les pieds. Cet horizon, cette trouée de vacances ouverte vers tous les imaginaires de l’autre côté, était notre paysage l’été, le temps du bungalow et de la piqûre des vives, un rêve éveillé qui nous brûlait et cloquait la peau. Comment pense-t-elle et que dit-elle ? Quel personnage est-elle sur scène ?

Une acrobate marocaine déchire l’espace d’une vague, elle est un flux, elle est l’eau. Enza Pagliara prête sa voix, son chant et sa langue des Pouilles italiennes à la mer. Mondher Kilani, anthropologue de Tunis à Lausanne, et Catherine Jeandel océanologue française, sont les auteurs ventriloques de cette mer, essaient de penser au-delà de l’humain, pour lui prêter une parole au théâtre : un texte sur les femmes et les hommes, sur le thon et le plastique, les vocodeurs de la rive syrienne, les danses urbaines des ports, l’étouffement sous les corps, le mercure et le plomb, toujours et encore, le mercure et le plomb.